BARRIERE FRANCHIE POUR LES PERSEVERANTS : NICOLAS SOUS LES 2′ AU 800

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Fond musical de lecture :

Face à la roche qu’il caresse, le ruisseau l’emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance.

Nicolas Joris a gardé foi, au fil des mois, en son amour pour la course à pied. Dans la boue froide de l’hiver, il en a bavé. Sur la piste, à tenter de suivre les plus véloces de la bande, il a, de temps à autres, été bien malmené. Au coeur d’un emploi du temps chargé qui l’a forcé à apprendre à jongler, il s’est parfois épuisé. Mais il a poursuivi. Car on se l’était dit.

Nicolas n’est peut-être pas « le plus » talentueux des coureurs de sa génération.

Peut-être pas « le plus » grand. « Le plus » rapide. « Le plus »sérieux. Ni « le plus »étincelant.

Les superlatifs de l’extraordinaire et de la promotion d’une potentielle supériorité n’ont rien à voir avec ce qu’il a réalisé. Et que cette époque qui prône le succès comme si rien d’autre n’existait aille se faire enfler! Elle s’oppose à la patience, la persévérance désintéressée, la recherche d’aventure dans la simplicité. A force d’exiger de donner une forme glorieuse à son destin, elle empêche d’aller, originalement, prendre son chemin.

Car nous, on se l’était dit. Voire entre quatre yeux on se l’était juré : il ferait moins de 2min sur 800m cette année. Certes la frontière peut sembler banale à certains, mais Nicolas, encore bien jeune, pensait naïvement que le sésame ne lui serait jamais donné après quelques tentatives qui ont échoué l’an dernier. Il a repris le collier. Nicolas n’est pas « le plus » quoi que ce soit, mais Nicolas est toujours là. Dans la ténacité que reconnaîtra tout qui un jour le rencontrera. Celle dans laquelle tout cet hiver, il a éprouvé au fil des cross le talent de ses congénères qu’on dit déjà légendaires. Mais aussi encouragé par ses partenaires.

Oordegem, 4 juin 2016. Lors de sa 2e course de la saison sur la distance, le désir est assouvi, laissant la place vacante pour en accueillir bien d’autres, à présent : 1.58.41 – les chiffres sont limpides, et même si la performance n’étonne pas, l’adolescent est Roi, espace d’un soir, d’un tour, d’un retour chez nous et sur soi. Il savoure. Il ne sait pas encore ce qui l’attend. A tout le moins (et pas « le plus »), il va son chemin.

Et le connaissant, vu comme il court, comme il vit, comme il aime, il s’y accrochera. Et quand dans ses poumons l’air semblera venir de loin, quand d’autres coureurs lui feront mordre le terrain, il vivra. Il verra. Il saura.

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